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Souvenir de la déportation 2013

Aujourd'hui, comme chaque année, en ce dernier dimanche d'avril, nous rappelons l'horreur.

L'horreur, que les armées alliées avaient découverte, en ouvrant les portes des camps de concentration et d'extermination, outils de la barbarie que le régime Nazi avait perpétrée au nom d'une idéologie inacceptable.

Ces camps, Auschwitz, Birkenau, Bergen-Belsen, Mauthausen, Buchenwald, Dachau, Ravensbrück, Le Struthoff, triste énumération , ces camps dont chacun a en mémoire les images insoutenables, de cadavres vivants, de charniers...

Six millions d'enfants, de femmes et d'hommes, juifs, roms, homosexuels, opposants politiques, handicapés... de toutes origines, dépossédés de tout y ont connu l'enfer, l'innommable.

Nous sommes réunis ce matin pour leur rendre hommage. Et le meilleur hommage que nous puissions leur rendre c'est de ne pas oublier leur souffrance, leur terreur, les humiliations.

Ne pas oublier tous ceux qui dans ce contexte de haine ont su préserver la dignité humaine.

Ne pas oublier non plus comment cette barbarie sur fond de crise économique, sociale et politique a pu s'installer dans une Europe pourtant civilisée.
Il faut en effet rappeler que c'est au nom de gouvernements que les rafles et les déportations ont été engagées.

Il faut rappeler aussi qu'en France, ce n'est pas que l'occupant qui a procédé à ces rafles et que des centaines de milliers de français ou d'immigrés installés dans notre pays en ont été déportés par les forces de l'ordre de l'Etat Français dans le but d'être exterminés et parfois même sous les applaudissements de leurs voisins.

Depuis quelques années cette réalité, notre pays l'assume, au plus haut niveau de ses autorités. C'est une réalité qui doit nous faire réfléchir.

Réfléchir, sur les causes qui ont engendré l'inconcevable, l'impensable.

Et, en cet instant, je voudrais vous dire mon inquiétude.

Nous vivons une époque troublée marquée par une crise économique très grave, une crise qui voit les inégalités progresser sans cesse et qui se propage dans un climat où la légitimité des instances politiques est plus que jamais mise en cause.

Une époque qui est également marquée par des actes antisémites et racistes en forte augmentation, par des attaques homophobes qui se développent et des discriminations toujours plus nombreuses.

Face à cette situation, plus que jamais nous devons faire preuve de rigueur morale, d'esprit de responsabilité et ne pas oublier les enseignements de l'histoire.

Face aux dérives et à leurs dangers, le chemin est connu, c'est LA République, notre République laïque.
Celle qui nous permet de vivre ensemble au-delà de nos différences, celle qui nous réunit avec les mêmes droits et les mêmes devoirs, celle qui privilégie ce qui nous rassemble à ce qui nous sépare.

C'est à chacun de nous dans nos responsabilités respectives, en tout endroit de nos vies, qu'elles soient professionnelles, sociales et même familiales de faire vivre la République.

D'abord rappeler et faire partager les valeurs
et je suis heureux que le Ministre de l'Education nationale ait décidé la mise en place d'un enseignement de la morale laïque dès l'école primaire.

Ensuite faire respecter les règles, les lois et l'autorité.
Enfin agir pour toujours plus de respect, d'égalité et de solidarité
Liberté, égalité, fraternité depuis plus deux siècles c'est ce triptyque qui soude notre pays, qui lui permet de faire face à toutes les épreuves, c'est encore celui qui doit éclairer notre engagement collectif.

Mesdames et Messieurs, en ce jour où nous nous retrouvons pour commémorer la mémoire de ces femmes, de ces hommes et de ces enfants dont la souffrance n'aura eu d'égale que la barbarie de leurs bourreaux, inspirons nous de leur force, de leur dignité, faisons vivre leur mémoire ...

C'est notre devoir collectif, notre devoir envers ces millions de victimes bien évidement mais aussi notre devoir envers les générations futures qui après nous porteront la flamme du vivre ensemble, du respect et de la tolérance.

Pascal Noury, maire de Morangis