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Cérémonie du 8 mai 2011

La guerre est gagnée!
Voici la Victoire!
C'est la Victoire des Nations Unies et c'est la Victoire de la France! Disait le Général de Gaulle dans son message radiodiffusé le 8 mai 45 au matin.

En effet, aujourd'hui, 66 ans après, nous ne commémorons pas un armistice, nous fêtons une victoire ! Non pas la victoire d'une Nation contre une autre, d'un peuple contre un autre mais la victoire sur l'oppression, la barbarie et la terreur, dans lesquelles une idéologie, le nazisme, avait plongé l'Europe et le monde.

Une guerre terrible puisque ce sont 60 millions d'êtres humains qui périrent, victimes militaires dans les combats, victimes civiles sous les bombardements et encore victimes des génocides perpétrées dans l'horreur des camps d'extermination

En ce jour, nous perpétuons le souvenir de toutes les victimes de cette tragédie.

En ce jour, nous rendons hommage à ceux qui ont agi et combattu pour lutter contre le nazisme.

Rendons hommage à ceux qui n'ont pas accepté l'armistice de 1940 et ont eu le courage de rejoindre le général de Gaulle et ayons à cet instant une pensée pleine de reconnaissance pour Charles Rudrof, compagnon de la libération qui nous a quittés cet hiver.

Rendons hommage à ceux qui ont eu le courage de s'engager dans la résistance, de rejoindre le maquis et ont participé à la libération de notre pays

Rendons hommage à ceux qui se sont engagés après la libération pour poursuivre le combat, au-delà de nos frontières, alors que dans notre pays, doucement la vie reprenait son cours

Rendons hommage, comme nous venons de le faire en visitant l'exposition « désobéirpour sauver » présentée jusqu'à dimanche prochain à l'Espace Saint-Michel à ces justes qui, au péril de leur vie, ont protégé et sauvé des juifs pourchassés par les autorités allemandes et de l'Etat français.

Des dizaines de millions de victimes, des vies anéanties, des souffrances indescriptibles,
Des milliers d'anonymes qui ont continué le combat, qui ont entretenu la flamme en consentant des sacrifices inouïs
Cette cérémonie que nous célébrons ensemble est bien évidemment d'abord la leur !

Mais méditons cette pensée du résistant Pierre Brossolette « Ce que nos morts attendent de nous, ce n'est pas un sanglot mais un élan »

Oui, le rappel des souffrances des générations qui nous ont précédés doit baliser le chemin de nos réflexions et le sens de notre action.
Oui, nous devons nous pencher sur l'histoire et en tirer des leçons car l'histoire est pour un peuple ce que la conscience est pour un homme.

Alors, je reprends ce que j'ai dit à l'occasion de la cérémonie d'hommage aux victimes et héros de la déportation
Il faut rappeler que c'est légalement par les urnes qu'Hitler et le nazisme sont arrivés au pouvoir et qu'ainsi a pu se développer un régime basé sur le racisme, la xénophobie, le refus des droits de l'être humain.

Il faut rappeler que dans la période de crise des années 30, le refus de l'autre, l'antisémitisme se sont développés dans nombre de pays d'Europe y compris dans le nôtre, la patrie des droits de l'homme.

Aujourd'hui, dans une autre période de crise économique et morale, presque partout en Europe et singulièrement dans notre pays et dans notre Commune, des partis extrémistes qui remettent en cause les valeurs de démocratie et de tolérance progressent dans les consultations électorales.
L'étranger est de plus en plus le bouc émissaire innocent d'une société attaquée de toute part par la dictature des marchés financiers, la prééminence de l'argent roi, le chacun pour soi.
Alors, en ce jour de la commémoration de la victoire des valeurs de la Démocratie et des droits de l'homme sur la xénophobie et le racisme, sachons tirer des leçons de l'histoire !

Rappelons sans cesse que les extrémismes de toutes sortes, aussi bien politiques que religieux, que les dictateurs, les partisans d'une intolérance exacerbée à toutes les époques ont toujours profité de la misère sociale, du désarroi, de la peur du lendemain pour désigner des boucs émissaires et engager leur oeuvre de destruction.

Mais rappelons aussi comment sur les décombres, les horreurs et les déchirements de cette guerre, notre pays s'est relevé, reconstruit, s'est projeté dans l'avenir.

Comment à partir du programme du Conseil national de la Résistance, fondé sur plus de solidarité, un ordre social plus juste s'est imposé à la libération avec la sécurité sociale, les retraites généralisées, le droit à la culture et à l'éducation pour tous, les lois sociales ouvrières et agricoles

Comment grâce à la volonté des pères fondateurs, les peuples et les nations d'Europe hier déchirés, sont aujourd'hui rassemblés sous la même bannière protégés depuis 66 ans des affres de la guerre

Chers amis et vous surtout les plus jeunes,
ce 8 mai est une leçon d'histoire qu'il ne faut pas oubliée car comme le disait Primo LEVI : « Ceux qui oublient le passé sont condamnés à le revivre »

Pour préparer un avenir plus juste, plus agréable pour tous, la vigilance de chacun est indispensable.

Ensemble, nous devons comme l'ont fait nos aînés relever le défi en nous appuyant sur des valeurs qui font notre identité.
Des valeurs qui ont soutenus les combats de ceux à qui nous rendons hommage aujourd'hui, les valeurs qui nous rassemblent, les valeurs de la République.

Pascal Noury, maire de Morangis