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Cérémonie du 8 mai 2012

Mesdames et Messieurs,
chers Morangissoises et Morangissois,
Monsieur le Maire de Péchao et tous nos amis de notre ville jumelée du Portugal
Messieurs les porte drapeaux
et vous les enfants de nos écoles.

Morangissois de toutes les générations, nous sommes rassemblés aujourd'hui pour fêter le 67 ème anniversaire de la Victoire. Victoire sur le Nazisme, victoire du monde civilisé sur la barbarie, victoire du monde libre.

Le 8 mai 1945 marque la fin d'un long cauchemar, la fin d'une des plus grandes tragédies de l'histoire.

Au nom d'une idéologie faite de haine et d'intolérance, construite sur le mensonge, la peur, la cruauté, fondée sur la négation de la dignité humaine, près de 60 millions d'hommes, de femmes et d'enfants, issus de tous les continents ont été sacrifiés ; des villes entièrement rasées n'étaient plus que des noms sur une carte, les bombardements, les arrestations, les déportations, la faim, la peur étaient le quotidien.

Le 8 mai 1945 si Morangis comme notre Pays étaient libérés de l'occupation nazie, depuis plusieurs mois, c'était la fête parce qu' un père, un frère, un fils, un ami, prisonnier depuis 5 longues années allait bientôt rentré, c'était la fête parce que les soldats et notamment les jeunes volontaires qui avaient poursuivi le combat de l'autre côté du Rhin jusqu'à la capitulation du IIIème Reich allaient revenir mais c'était aussi le recueillement en pensant à tous ceux qui ne reviendraient jamais, déportés, fusillés, tués dans les bombardements ou au combat.

Cette guerre a eu ses monstres et ses bourreaux, elle a eu également ses héros connus ou anonymes. Le 8 mai nous permet de rendre hommage à ces héros.

Que cette cérémonie nous rappelle, que les peuples qui se veulent civilisés ne sont jamais à l'abri de projets criminels pour l'Humanité.

Que cette cérémonie, nous rappelle aussi que des âmes d'exception, partout en France et à l'étranger se sont levés contre l'inacceptable. Parmi ceux-ci, bien sûr le Général de Gaulle, Jean Moulin, Pierre Brossolette ou encore Raymond Aubrac qui nous a quittés il y a quelques semaines. Raymond Aubrac qui sa vie durant, au côté de sa femme Lucie n'a cessé d'aller expliquer cette période aux plus jeunes et leur faire partager ses valeurs. Il leur rappelait ces combattants illustres mais aussi tant d'autres dont l'histoire n'a pas retenu les noms.

Parmi eux, des Morangissois, à qui nous rendons hommage aujourd'hui et dont nous lirons les noms dans quelques instants, parce qu'ils ont donné leur vie en combattant pour la liberté.

Des gens simples qui ont agi selon leurs convictions, leur coeur ou leurs valeurs pour continuer le combat, résister, protéger ceux qui étaient persécutés. Ils n'étaient pas les plus nombreux mais ils sont la gloire de notre pays.

Tous des patriotes, qui en défendant la France, fier de leur patrie, servaient une cause qui la dépassait, défendait des valeurs universelles

C'est ce patriotisme que j'oppose au nationalisme.

Nationalisme, une idée qui prospère aujourd'hui sur fond de crise. Ce nationalisme replié sur lui-même derrière ses frontières qui exalte un passé mythique et se défie de toutes les autres nations, ce nationalisme qui fait de l'étranger un bouc émissaire ce nationalisme qui se fonde sur une identité qui rejette l'universalité. Ce nationalisme qui a failli détruire l'Europe.

« Le nationalisme c'est la guerre » disait François Mitterrand Et Charles de Gaulle déclarait « Le patriotisme, c'est aimer son pays. Le nationalisme c'est détester celui des autres »

Ce sont des patriotes qui ont fait honneur à notre pays alors que l'Etat français plongeait dans la pire des idéologies.

Ce sont des patriotes qui l'ont ensuite relevé des décombres et des déchirements de la seconde guerre mondiale en appliquant le programme du Conseil national de la résistance fondé sur plus de justice, plus de solidarité, avec la sécurité sociale, les retraites généralisées, le droit à la culture et à l'éducation pour tous

Des patriotes qui ont inventé cette belle idée de l'Europe que nous célébrons, cette année, en présence de nos amis de Péchao et qui depuis 67 ans nous assure le plus précieux des biens, la paix.

Aujourd'hui, face à la crise qui s'étend sur l'Europe, comme au lendemain de la seconde guerre mondiale, sachons nous montrer patriotes, fiers de notre pays mais attentif aux autres, fiers de nos racines mais accueillants pour toutes les cultures, fiers de nos valeurs républicaines et fiers de les partager. Dans une France qui souffre au lieu de se barricader derrière des frontières aléatoires et de ressasser le passé les Français ont choisi l'espoir.

Face à la crise, des idées comme la justice, le partage et la solidarité peuvent et doivent organiser l'action publique, les institutions et services publics notamment ceux créés par le Conseil national de la résistance qui ont fondé notre vivre ensemble ont encore un bel avenir.

Dans une France qui souffre, les Français ont choisi d'aller contre l'individualisme des sociétés contemporaines, contre cette tendance au chacun pour soi, ils ont décidé de faire vivre ce qui rassemble plutôt que ce qui divise.

C'est une nouvelle page de notre histoire à écrire. Une page qui commence par notre belle devise : Liberté, égalité, fraternité

Pascal Noury, maire de Morangis