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Cérémonie du 8 mai 2017


Mesdames et Messieurs les anciens combattants
Messieurs les porte-drapeaux,
Mesdames, Messieurs, chers amis Morangissois,
Et surtout vous les jeunes,
Jeunes sapeurs pompiers, Jeunes citoyens et Enfants de nos écoles

Aujourd’hui, 72 ans après, nous sommes réunis pour fêter la Victoire. Non pas la victoire d’un pays contre un autre, d’une nation contre une autre mais la victoire de la liberté sur le nazisme et le fascisme, la victoire de l’humanité sur la barbarie.
C’est le 8 mai 1945, à 15 h 00 que la population est informée officiellement de la capitulation allemande par les sirènes qui retentissent pendant 3 minutes consécutives annonçant ainsi la «fin d’alerte»; les cloches sonnent à la volée. La nouvelle de la fin des hostilités et la liberté recouvrée, suscitent des scènes de joie immense et de fraternisation.
Les habitants pavoisent les immeubles aux couleurs des Alliés. A Paris, une «marée humaine» de civils et de militaires, français et américains, laisse éclater sa joie dans une communion fraternelle et submerge les rues de la capitale.
Il faut dire qu’elles avaient été terribles ces 6 années de guerre mondiale, comme le seront encore les quelques mois suivants avant qu’elle ne s’achève dans les tragédies d’Hiroshima et Nagasaki en septembre 1945. Terreurs, horreurs étaient le quotidien. Les soldats en furent victimes mais les civils furent touchés comme jamais.
Sur les champs de bataille, sur les routes de l’exode, sous les bombardements, dans les camps de concentration et d’extermination, sur tous les continents 60 millions de morts… comme si toute la population de la France d’aujourd’hui périssait, des vies broyées, des espoirs détruits, l’humanité niée.
Nous sommes réunis ce matin pour rendre hommage à toutes ces victimes, et pour honorer tous les héros qui refusèrent de plier. Célèbres ou anonymes, il y en eut dans tous les pays.
Parmi ceux-ci, bien sûr le Général de Gaulle, Jean Moulin, Pierre Brossolette, Lucie Aubrac, Germaine Tillion, Geneviève Antonioz de Gaulle mais aussi tant d’autres et ceux dont l’histoire n’a pas retenu les noms, soldats, résistants, maquisards, justes…
Parmi eux, des Morangissois, à qui nous rendons hommage aujourd’hui et dont nous lirons les noms dans quelques instants, parce qu’ils ont donné leur vie en combattant pour la liberté.
Des gens simples qui ont agi selon leurs convictions, leur cœur ou leurs valeurs pour continuer le combat, résister, protéger les juifs et tous ceux qui étaient persécutés. Ils n’étaient pas les plus nombreux mais ils sont la gloire de notre pays.
Nous sommes aussi réunis pour ne pas oublier.
Toutes ces tragédies se sont enchaînées, parce que dans un monde en crise, une idéologie fondée sur le nationalisme, le racisme et la xénophobie avait prospéré encouragée par des semeurs de haine, les prophètes de la violence et était parvenue au pouvoir avec le soutien populaire et un gouvernement légal.
Un peu comme dans les années qui ont précédé cette terrible épreuve, nous vivons dans un monde tourmenté, incertain, violent. Il faut donc nous montrer vigilants et responsables pour protéger cette inestimable richesse qu’est la Paix.
Hier, très largement rassemblés malgré nos fortes différences, nous avons refusé que notre pays s’engage sur une voie aventureuse, nous avons refusé le nationalisme, le racisme, la recherche des boucs émissaires. Mais pour soulagés que nous puissions être cela ne règle pas tout.
Il y a de grands défis devant nous, qu’il faut relever si nous ne voulons pas un jour sombrer dans des horreurs comparables à celles de la guerre dont nous commémorons la fin.
Prenons exemple sur ce qui a permis à notre pays de se relever après cette terrible épreuve de la deuxième guerre mondiale. Comment à partir du programme du Conseil national de la Résistance, fondé sur plus de solidarité, un ordre social plus juste s’est imposé à la libération avec la sécurité sociale, les retraites généralisées, le droit à la culture et à l’éducation pour tous, les lois sociales ouvrières et agricoles. Une société ne peut échapper à la violence quand elle est toujours plus inégalitaire, quand il y a ceux qui profitent et ceux qui subissent.
Le nouveau Président de la République ne doit pas l’oublier. Il doit écouter et devra prendre en compte les souffrances et la colère, les inquiétudes et les désirs, les découragements et les volontés. La voie vers les jours heureux ne pourra se frayer un chemin dans la dévotion à l’économie libérale, dans une démocratie réductrice pilotée par les puissants, dans la recherche de profits toujours plus grands au détriment des femmes, des hommes et de la planète.
Je veux vous citer aujourd’hui, une simple phrase entendue dans ces années sombres sur les ondes de la BBC :
« La grandeur de la France ne vaut que par le dévouement désintéressé des gens simples ».
La France est grande quand elle agit dans le sens de son histoire et dans le respect de ses valeurs. La France est grande et le monde va mieux quand elle est attentive à chacun et se préoccupe de tous et quand ensemble nous agissons en respectant la devise de notre République
Liberté, Egalité, Fraternité

Pascal Noury, maire de Morangis