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Cérémonie du 11 novembre 2011

Monsieur le Vice-Président du Conseil général Monsieur le Représentant des forces de Police,
Monsieur le Capitaine, Chef du Centre de Secours,
Mesdames et Messieurs les Maires-Adjoints et Conseillers Municipaux, Chers Collègues,
Mesdames et Messieurs les Présidents et Représentants des Associations locales d'Anciens Combattants, Déportés, Internés, Résistants et Victimes de Guerre,
Messieurs les porte-drapeaux,
Chers jeunes sapeurs pompiers du Centre de Secours,
Et Enfin,
Mesdames, Messieurs, Chers Amis Morangissois,
Et tout particulièrement, vous les enfants de nos écoles qui êtes venus avec vos enseignants pour participer à cette commémoration
Depuis 92 ans, chaque année, Morangissois de toutes les générations, nous nous retrouvons le 11 novembre. D'année en année, au fil des décennies nous nous passons le relais afin d'être toujours présents pour commémorer un évènement majeur de l'histoire de notre Nation mais aussi pour rendre hommage à ceux de nos concitoyens qui ont perdu la vie au cours de ce terrible conflit.
Car au milieu des cris de joie qui accompagnèrent la fin des combats le 11ème jour du 11ème mois à la 11ème heure de cette année 1918, il y avait aussi tous ceux qui pleuraient un proche.

A Morangis, dans notre petit village, la trentaine d'écoliers de 5 à 13 ans, pensaient à Alfred Dessaint, leur instituteur parti à la guerre et qui n'en était pas revenu, tué à l'âge de 35 ans.
Anna Marie pleurait son mari Henri Gigoust tué au combat en août 14, à peine un an après leurs noces.
Les 300 habitants pensaient à ces 12 Morangissois, nos concitoyens, dont nous égrènerons avec respect et émotion les noms gravés à jamais sur la pierre froide du monument aux morts.
Journalier, charretiers, employés à la compagnie générale des eaux ils étaient soudainement devenus artilleurs, fantassins, brancardiers et avaient terminé leur vie dans l'enfer des combats.

Au delà de ce que racontent les livres d'histoire, qui louent d'abord la bravoure, le courage, l'esprit de sacrifice de toute cette jeunesse française, le soutien du pays à tous ces combattants, ceux qui étaient revenus racontaient la boue, la vermine, l'enfer, le bruit, la peur, l'horreur. Ils racontaient aussi la relative indifférence de ceux qui étaient loin du front

Les ouvres littéraires et cinématographiques elles aussi donnent une autre vision de cette guerre. Des Croix de bois à la Grande illusion, de à l'Ouest rien de Nouveau au voyage au bout de la nuit, plus récemment avec un long dimanche de fiançailles ou joyeux noël, qu'elles soient écrites d'un côté ou de l'autre du front les auteurs décrivent tous :
La souffrance physique poussée à son paroxysme, les corps dénudés et découpés, réduits en charpie par l'artillerie, la blessure espérée comme un billet de retour, cette fraternité dans la souffrance entre des hommes martyrisés qui, lors de leurs permissions, n'arrivent même plus à exprimer ce qu'ils vivent sur le front, car les gens de l'arrière sont incapables de comprendre ce qui arrive.
Elles évoquent aussi ce qui fut longtemps occulté, les mutilations volontaires, les fusillés pour l'exemple ou encore les fraternisations entre ennemis, donnant une vision plus juste de ce terrible génocide de toute une jeunesse.
Voici qui nous permet une fois de plus de relever que art et histoire vont impérativement de paire, que l'un et l'autre doivent être traités avec une égale attention pour construire cette connaissance et cette culture commune qui dessinent notre identité.

La première guerre a pris fin il y a 92 ans et bien des gens nés à cette date sont déjà partis Plus de combattants, bientôt plus de témoins, un jour la guerre de 14, celle que nos grands parents ont vue, celles que nos arrières grands parents ont faite, sera, comme les guerres de Napoléon ou la guerre de Cent ans, un évènement n'intéressant plus que les passionnés d'histoire.

Les hommes dont les noms figurent sur le monument aux morts de notre ville, s'ils revenaient, seraient sans doute surpris de savoir que l'Allemagne et la France ont la même monnaie, que les lois qui s'appliquent de part et d'autre du Rhin sont souvent issues d'un même parlement, que bien des Communes, comme la nôtre entretiennent avec des Villes du pays de notre ancien ennemi des rapports nombreux et amicaux.

Que pouvons-nous donc tirer comme enseignements de ce terrible épisode de notre histoire.

D'abord que la Paix est notre bien le plus précieux. Il faut dire et répéter inlassablement que dans une guerre, au fond, il n'est que des perdants.
Que tous les va-t-en guerre, que ceux qui veulent régler les différends par les armes et la brutalité, ceux qui prônent la haine exacerbée et la violence sont toujours de mauvais conseil.

Ensuite qu'il ne faut jamais humilier les vaincus car on sait que de cette folie, de ce gâchis, de cette bêtise, alors que tous les combattants croyaient que c'était la der des der, de la soif de revanche d'une Allemagne humiliée naitra, deux décennies plus tard, un autre conflit mondial.

Enfin qu'il y a toujours de l'espoir qu'il n'est pas d'ennemis qui soient irréconciliables et que les hommes et les femmes de paix doivent tout le temps et en tout lieu être encouragés soutenus
Toutes les générations qui n'ont pas vécu directement les périodes de conflit et leurs atrocités, doivent savoir que cette guerre n'a pas toujours été cantonnée aux livres, ni aux documentaires aux images sautillantes. La guerre n'est pas un jeu vidéo
Aujourd'hui encore, au quotidien, l'actualité nous rappelle avec son cortège d'images tragiques des terribles attentats terroristes en Irak ou ailleurs, des combats en Afghanistan ou au proche Orient, combien les armes, les conflits n'ont jamais cessé de résonner, partout dans le monde.
La guerre cette maladie de l'espèce humaine est encore loin d'être guérie.
La mémoire est la seule prévention connue contre ce terrible fléau. Souhaitons que réunis ce matin, nous ayons fait ouvre de mémoire et ainsi contribuer à notre mesure à faire avancer la paix.

Pascal Noury, maire de Morangis