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Cérémonie du 11 novembre 2012

Madame la Commissaire de Police
Madame la Capitaine, Chef du Centre de Secours, représentée par le Sergent Chef David Destouches
Mesdames et Messieurs les Maires-Adjoints et Conseillers Municipaux, Chers Collègues,
Mesdames et Messieurs les représentants des Associations d'Anciens Combattants et Messieurs les porte-drapeaux, vous qui êtes toujours là pour témoigner à la fois de votre engagement pour le pays et faire vivre le devoir de mémoire.
J'ai une pensée particulière pour Monsieur Blottière Président de l'Amicale des Anciens Combattants qui, souffrant, n'a pu être des nôtres ce matin,

Chers jeunes sapeurs pompiers du Centre de Secours,

Mesdames, Messieurs, Chers Amis Morangissois et notamment les enfants de nos écoles qui sont venus malgré cette période de vacances scolaires

Dans cette période de crise économique, de doutes sur notre société et d'inquiétudes face à l'avenir, il faut rappeler que nous avons une chance énorme, une richesse inégalable, un bien précieux pour lequel l'Union européenne a été récompensée par le Prix Nobel, il y a quelques semaines : la Paix.

Et réunis ce matin, comme chaque année, toutes générations confondues devant le monument aux morts de la Commune, il nous faut apprécier ce bonheur de vivre en paix à sa juste valeur, une valeur inestimable.

Il y a 94 ans, des Morangissois comme nous se réjouissaient, l'Armistice avait été signée la guerre était finie. Ils fêtaient le bonheur retrouvé, ils étaient heureux, sûrs que la Paix allait s'installer pour longtemps. En même temps, ils pleuraient un mari, un fils, un frère, un ami, leur instituteur. Ils pleuraient ceux des nôtres, des jeunes Morangissois, qui avaient perdu la vie pour leur patrie. Ils pleuraient et ils leur rendaient hommage.
Depuis lors, chaque année, nous nous réunissons, au fil des générations, nous passant le relais, pour à la fois nous souvenir et rappeler la mémoire de ceux qui ont vécu ce terrible conflit et auxquels, malgré le temps qui passe, nous devons les honneurs.

Ce matin, nous rendons hommage à douze jeunes hommes, dont nous lirons les noms inscrits sur le monument aux morts. Douze Morangissois sur les 250 que comptait notre village en 1914, arrachés à leur famille, à leur travail, à leurs amis pour faire leur devoir et qui ne sont pas revenus des champs de bataille. A cet hommage, nous associons tous nos concitoyens qui sont morts pour la France.

Ce matin, nous nous souvenons que notre continent, notre pays ont connu des déchirements atroces tout au long du 20ème siècle. C'était hier !
Nos parents, nos grands parents, nos arrières grands parents ont connu les affres de ce cancer des sociétés même les plus civilisées, la guerre.
La guerre qui ruine des pays, détruit des villes et des villages, décime des familles, plonge dans l'angoisse et dans la souffrance des hommes, des femmes et des enfants qui pourtant ne demandent qu'à vivre et s'épanouir.
Et combien fut terrible celle que l'on nomme la grande guerre !
Jamais aucun conflit auparavant n'avait été aussi destructeur et meurtrier. 8 millions de morts, 20 millions de blessés.
Les hommes qui l'ont vécu auront vu une civilisation, dans laquelle ils plaçaient une confiance séculaire, renier ses valeurs en quelques mois.
Ils ont vu le progrès servir à faire le mal, ils ont vu la science se pervertir pour tuer et mutiler.

Après l'enthousiasme des premiers jours, cette guerre n'avait plus beaucoup de sens et je voudrais vous lire cette lettre d'Etienne Tanty, bibliothécaire au lycée Hoche de Versailles, sous les drapeaux pour son service militaire quand la guerre éclata, il avait 24 ans. Le Jeudi 28 janvier 1915 il écrivait :

discours 11 novembre
En effet, qu'ils soient français, allemands, russes, anglais, autrichiens tous les récits sont identiques.

Nos livres d'histoire ont trop longtemps minoré les pertes de l'une des plus grandes boucheries de tous les temps, ils ont trop longtemps passé sous silence le véritable état d'esprit de ces poilus qui pour la plupart ne se faisaient aucune illusion sur le fondement réel du conflit, mais qui n'en accomplirent pas moins leur devoir avec un courage surhumain.
Car derrière les drapeaux, les hymnes nationaux se cachaient aussi de vulgaires intérêts économiques et financiers ainsi qu'un goût prononcé pour l'expansionnisme.

Aucune société n'est à l'abri d'un possible retour de la barbarie. C'est pourquoi la quête permanente de la réconciliation, de la démocratie et du respect des droits humains est du devoir de tous les responsables politiques.

En octobre, le Comité Nobel a souhaité mettre en lumière la plus belle réussite de l'Union Européenne celle de l'unification pacifique d'un continent. C'est un encouragement pour tous les dirigeants européens afin qu'ils continuent à oeuvrer dans ce sens.
La réélection de Barack Obama est un autre signe encourageant pour un monde plus juste, plus apaisé.
Mais il nous faut, nous aussi, participer à construire un monde délivré de la violence et ensemble, combattre au quotidien tout ce qui divise notre société : l'injustice, l'indifférence, l'individualisme, le racisme, la xénophobie et l'intolérance.
Ce sont les plaies d'aujourd'hui et des ferments de haine pour demain.

Combattons-les sans relâche. Ainsi, nous pourrons profiter longtemps de ce qui n'était qu'un cri d'espoir pour les Morangissois réunis le 18 novembre 1918 : la paix !

Pascal Noury, maire de Morangis